Quand j’arrive, je ne sais pas trop où aller (je ne
connais pas l’établissement) donc je marche jusqu’à ce que je trouve une
infirmière. C’est l’IDE de nuit, elle est dans un fauteuil qui a l’air
confortable et surveille un bébé qui est né hier vers 17 heures (donc il n’a
pas un jour) et qui est dans une couveuse. On parle un petit peu jusqu’à ce que
l’équipe de jour arrive (ici, ils sont aux douze heures/jour). Je suis du côté
nurserie mais comme la cadre ne m’a pas dit par quelle partie du service je
commençais (nurserie, suites de couches ou bloc et salle de naissance) j’y
reste pour l’instant, avec les deux AP.
Je regarde les dossiers de soins, un classeur de
protocoles, des dépliants sur la maternité, etc… et entre temps, je surveille
le petit Gabin dans sa couveuse. Il est beau, on ne croirait pas qu’il est si
jeune car il a la peau de la même couleur qu’un adulte, pas rouge, pas cyanosé,
pas ictérique et n’a pas la peau fripée.
Vers 8h30, sa maman demande de ses nouvelles et nous
lui disons qu’elle peut venir le voir quand elle veut, ce qu’elle fait, et on
lui installe son bébé dans les bras. L’AP en profite pour prendre sa pause et
je la suis sinon je n’ai rien à faire.
Puis la cadre du service arrive et me dit que je vais
faire mes deux premières semaines en suites de couches puis j’irai à la
nurserie.
Je suis donc l’IDE et l’AS pour la tournée des soins
aux mamans et je vois des soins d’épisiotomie, des toilettes valvulo-périnéales
sur des déchirures du périnée (en fait, ça revient au même, il y a aussi un ou
deux points de suture, sauf que l’un s’est fait naturellement, l’autre a été
fait par l’obstétricien), on refait des lits, j’observe leurs supports de
travail qui sont différents de ceux du Groupe Hospitalier du Havre (dossiers de
soins, transmissions, dossiers informatiques, prises de sang et envoi au
labo…).
Une maman qui a accouché tôt ce matin avait développé
une hypertension artérielle (HTA) pendant sa grossesse alors on contrôle sa
tension toutes les heures.
Je découvre les vergetures, les hémorroïdes et autres
conséquences de la grossesse… Pas très encourageant tout ça ! Mais l’IDE et
l’AS sont très gentilles avec toutes les patientes, elles expliquent bien,
proposent des solutions à leurs problèmes (genre suppo + crème contre les
hémorroïdes mais pas besoin de prescription médicale, ça c’est pratique parce
qu’on peut aider les patientes en temps et en heure sans dépendre des médecins)
et rassurent, notamment les « primipares » (= femmes qui viennent
d’avoir leur premier enfant) donc ce côté humain et non usine me plaît.
Quand on a fini de faire toutes les chambres, je vais
avec l’IDE qui va retirer les fils de suture de césarienne à une patiente qui
s’en va cet après-midi. C’est un fil en surjet, c’est-à-dire un long fil
rapprochant les deux bords sur toute la longueur de la cicatrice et non
plusieurs points de suture côte à côte, comme j’avais plus souvent vu en
rééducation. C’est fait horizontalement, au passage de la culotte donc c’est
bien pour la patiente, elle pourra, si elle le désire, remettre des maillots de
bain deux pièces. (et ça compte beaucoup pour la majorité des femmes !)
Ensuite, je pose quelques questions à l’IDE sur la
planification et je vois aussi quelque chose qui m’interpelle : une femme est
entrée dans la salle de soins avec une blouse blanche et un plateau avec plein
de tubes pour les prélèvements sanguins. Elle prend une feuille que l’IDE a
rempli plus tôt, prépare les tubes correspondants et part avec ceux-ci et un
coton sur lequel elle a mis de l’alcool. L’IDE m’explique qu’ici, les IDE du
labo viennent faire elles-mêmes les prises de sang.
Ensuite, un homme vient et demande à l’IDE et l’AS
combien de temps elles prennent pour faire les commandes à la pharmacie chaque
semaine et combien de temps elles mettent à ranger l’armoire qu’elles
reçoivent. En fait, son but est de comptabiliser le temps que les soignants
vont gagner grâce à un nouveau procédé qui fait qu’elles n’auront plus à
commander, la pharmacie se rappellera de ce dont les services ont besoin et en
plus, il y a aura toujours une caisse d’avance pour ne pas être en rupture de
stock. Ça c’est super ! Il fallait y penser.
Ensuite, l’AS me fait un petit récapitulatif du
déroulement de la matinée, me dit les surveillances qu’on effectue sur une
femme qui vient d’accoucher, me donne quelques protocoles, que fait-on pour une
femme qui choisit de ne pas allaiter, etc… C’est très bien parce que ça me fait
un petit rappel du module gynéco et maternité qu’on a fait il y a quatre mois.
Puis elles vont manger alors je vais du côté nurserie, les AP et la sage-femme
font un test de Guthrie* à la petite Rose, trois jours. Il s’agit de prélever
sept gouttes de sang et de les mettre sur un papier réactif dans sept petits
ronds. Ensuite, on envoie au labo. Si le résultat est normal, on ne l’aura pas.
S’il est anormal, bien sûr, les soignants et les parents seront prévenus au
plus vite.
Puis je regarde l’AP prendre les constantes de
Pauline, notre dernière née, et lui changer sa couche. Quand on ramène la
petite dans la chambre de sa maman, l’AP donne tous les conseils nécessaires
pour une tétée. J’écoute et révise en même temps les critères d’une tétée
efficace. Il est 13h passées, Charlotte, ma collègue de promo est arrivée, je
lui montre le vestiaire, lui explique ce qu’on a fait ce matin, l’équipe mange,
elle ne me l’a pas proposé mais de toute façon, je n’ai pas pris de gamelle, ne
connaissant pas les habitudes du service.
Un couple quitte le service avec leur fille, je
commence avec Charlotte et l’AS à nettoyer la chambre et puis je m’en vais car
il est 14h. C’est vrai que cette scission entre d’un côté les AP qui s’occupent
exclusivement des bébés et de l’autre l’IDE et l’AS qui s’occupent
exclusivement des mamans est un peu déroutante, mais je vais m’y faire, pas
d’inquiétudes là-dessus. Encore une fois, je n’avais pas de quoi stresser…
Test de Guthrie = ce test permet de vérifier que le
nouveau-né n’a pas la mucoviscidose, une hypothyroïdie congénitale (provocant
des retards de croissance), une phénylcétonurie (empêchant un bon développement
du cerveau et donc de l’organisme en général), une hyperplasie congénitale des
surrénales (entraînant des déshydratations graves ou des anomalies de la
croissance staturo-pondérale) ou une drépanocytose. (entraînant des anémies
graves, des douleurs aiguës et des infections graves. Cette maladie est
retrouvée surtout chez les populations de couleur noire)
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