Premier quart
d’après-midi, je suis en forme après une bonne nuit bien réparatrice. Tout de
suite, les transmissions. Le service est plein, quatre sorties sont prévues.
Je prépare une
perfusion d’Augmentin et je vais la poser, l’IDE me conseille au fur et à
mesure, je fais plusieurs petites fautes (plutôt d’organisation) que je
corrigerai pour la prochaine perf.
Ensuite, on va
voir Allan, qui vient pour céphalées persistantes, pour le perfuser. Je n’ai
jamais perfusé donc je regarde faire. L’IDE devra le piquer trois fois avant de
réussir : il a des belles veines mais nos cathlons ne veulent pas y entrer ! Au
final, on lui a posé en lui mettant le gaz hilarant sur le nez. (mais il
n’était pas très hilare…)
Ensuite, on
fait le tour des patients, c’est un peu le bazar, il y a des enfants partout et
en plus, le jeudi après-midi est le moment des Docteurs Clowns, ce qui ajoute
du bruit et de la pagaille. Mais on y arrive, je prends des saturations, donne
des médicaments, écris dans les dossiers…
Je vais aussi
faire une injection en IVD (intra-veineux direct) dans une valve posée sur la
main de Lana, 2 ans. C’est super, je n’en avais jamais vu, du coup je prépare
le produit (2 seringues : une avec le médicament, une pour rincer) et l’injecte
dans la valve et juste après, je la dépique car Lana rentre chez elle.
Après le tour,
on fini les transmissions, j’aide à mettre à jour la planification murale,
j’imprime les bilans sanguins de 2 patients avant de les mettre dans leurs
dossiers, je pose des petites questions, l’IDE est très sympa et explique super
bien. En plus, elle me montre bien comment bien faire en MSP.
À 16h, on va
voir Manon qui fait son HGT avant de goûter, qui fera une bandelette urinaire
également avant de pouvoir manger. Toute sa famille est avec elle pendant tout
l’après-midi, ça doit lui faire plaisir. (ce n’est pas le cas pour tous les
enfants)
Le psychiatre
de la Maison de l’Adolescent est débordé cet après-midi, on a beaucoup d’ados
dont pas mal ayant fait une TA (tentative d’autolyse = suicide), très souvent
médicamenteuse. Ça fait beaucoup (trop) de jeunes en détresse… D’ailleurs, dans
l’après-midi, on a une nouvelle entrée : Louise, qui entre pour troubles du
comportement, apparemment pas mal dû à ses mauvaises fréquentations scolaires.
En tout cas, on a beaucoup d’ados.
À 17h, je pose
le Clamoxyl en perfusion (après en avoir fait la préparation) chez Mehdi, cette
fois-ci plus en technique, c’est-à-dire plus mieux, comme si j’étais évaluée.
Puis j’écris dans son dossier. Je mets aussi en route l’aérosol de Marina après
avoir pris sa saturation. Le téléphone n’arrête pas de sonner, je réponds de
temps en temps pour aider l’IDE mais de toute façon, je suis souvent obligée de
lui passer le téléphone.
Vers 18h, c’est
notre pause, ça fait plaisir ! Je me goinfre pour ne pas avoir faim avant la
fin de mon quart.
Puis on y
retourne. On fait le tour des patients juste avant que le dîner leur soit
servi. Je donne des médicaments, fais l’injection d’insuline à Manon (mélange
d’insuline rapide et lente, attention, c’est assez délicat…), transmets, prend
une saturation par ci, demande si tout va bien et pas de douleurs par là,
transmets, etc…
Au passage dans
une chambre, je vois Lola, 10 ans, qui est toute seule, toute sage, bien
qu’assez angoissée. On continue le tour, je remets Marina sous oxygène car sa
saturation est un peu basse, je change les électrodes de Mehdi et prends ses
constantes, je transmets dans les dossiers.
Je réponds aux
sonnettes, donne un comprimé par ci, une cuiller de sirop par là… Lola a sonné,
quand je rentre, elle se met à pleurer. Je m’assois près d’elle, elle me dit
que son papa (décédé il y a deux ans) lui manque. Je lui dis que je la
comprends, elle me demande si j’ai moi aussi perdu mon père, je lui dis que non
mais qu’il ne s’occupe pas beaucoup de moi, elle me répond : « comme ma
mère ». J’essaie, une fois que ses larmes se sont calmées, de lui poser
des questions sur sa famille (frères et sœurs, oncles et tantes), puis je vois
qu’elle a fait des dessins alors je lui propose d’en faire un autre, je lui en
fais un aussi, on parle d’autre chose, je songe à sortir de la chambre mais
elle repense à son papa et se remet à pleurer à chaudes larmes. La petite puce
évoque ses souvenirs : son père saoul tous les soirs, qui lançait un caillou
sur la tête su chien quand il aboyait, qui l’a laissée toute seule dehors une
fois, c’est sa voisine qui l’a recueillie… Elle me dit qu’elle a peur de tout,
d’être seule, qu’elle tremble la nuit sans explications, qu’elle se réveille
avec du mal à respirer, … Je suis un peu désemparée, je l’écoute, lui explique
comment moi je fais quand j’ai des angoisses nocturnes, essaie de la rassurer,
lui dis qu’elle n’a pas à avoir honte d’avoir peur et qu’elle a le droit de
pleurer… Puis, je lui explique qu’elle n’est pas seule, qu’à n’importe quel
moment, elle peut appeler les infirmières qui seront là toute la nuit, je lui
dis de regarder la télé pour penser à autre chose et lui demande de me faire un
dessin puisque je serais là demain après-midi. J’essaie donc de la laisser sur
une parole rassurante, même si sa détresse m’a moi-même déroutée.
Je retourne
dans la salle des infirmiers où les transmissions se font, j’explique
rapidement où j’étais et dis que Lola est très angoissée pour que les IDE de
nuit veillent sur elle puis l’IDE me dit de rentrer chez moi. Il est 20h50. Je
suis contente de rentrer chez moi mais très triste pour cette petite fille qui
a à peine 10 ans et est déjà si mal dans sa tête et dans son corps comme elle
dit. À cet âge là, on devrait encore être insouciant, léger, heureux, pas
porter un tel fardeau moral ! Les soucis viennent bien assez tôt pour qu’on
épargne les enfants !
bonjour, je suis tes aventures en stage, car j'ai le projet, dans un avenir assez proche je l'espère, de rentrer en formation et d'apprendre ce merveilleux métier.Alors, si tu veux bien me faire partager le reste de tes stages, même plus(cours, ambiance...) j'en serai ravi.mon adresse: parent.cindy@neuf.fr
Rédigé par: cindy | 19/01/2009 à 13:44