J’arrive dans
le froid glacial du matin dont je n’étais plus trop habituée, toute l’équipe
est en train de petit-déjeuner autour d’une grande table dans la salle de
séjour pendant que les patients petit-déjeunent également. Il y a une bonne
ambiance déjà, je fais connaissance avec de nouvelles personnes qui
m’accueillent à bras ouverts. La particularité des équipes de soins en
psychiatrie, c’est qu’il n’y a qu’une aide-soignante mais cinq ou six (voire
plus) infirmiers, ce qui n’existe nulle part ailleurs.
Après avoir
rangé et nettoyé la table du petit-déjeuner, je suis une infirmière (qui porte
d’ailleurs le même prénom que moi) pour voir comment on fait une IM. (injection
Intra-Musculaire, qui se fait souvent dans la fesse) Ensuite, de retour dans la
salle de soins est, côté UP, un patient tambourine à la porte depuis une ou
deux heures. Il est très agité et énervé et demande une cigarette pour se
détendre or c’est deux pendant le repas et il en a déjà eu trois. Il veut
téléphoner à sa famille, parler à la cadre, parler au médecin, il crie et tape
mais personne, ni médecin ni cadre ne peut venir le voir. L’infirmière lui
demande de se calmer et d’attendre un peu mais il s’impatiente de plus en plus
et l’infirmière, toute seule à ce moment-là, fait un appel de renfort. Un
soignant de chaque pavillon arrive et l’équipe se réunit. Ils préparent une
injection pour sédater le patient puis entrent dans l’UP, essaient de le
calmer, ce qui a plutôt l’effet inverse. Il balance des choses, casse un cadre
lui appartenant, dit qu’il veut parler à son avocat, et à un moment où il
s’agite encore, les soignants le plaquent contre le sol et lui font
l’injection. Ils doivent le maintenir encore plusieurs minutes au sol car c’est
un patient très résistant à ces traitements.
Ensuite, je ne
vois pas la suite car je vais accompagner à l’atelier cuisine avec deux
infirmières qui s’en occupent chaque jeudi et un aide-soignant qui, comme moi,
vient voir l’atelier pour la première fois. C’est en dehors du centre, on s’y
rend en véhicules de l’hôpital, nous emmenons six patients qui sont très
contents de pouvoir faire une activité changeante et surtout de pouvoir sortir
du cadre hospitalier. Ils ont déjà fait les courses avec les IDE quand j’étais
dans la salle de soins (pendant l’appel de renfort) et là, après s’être tous
lavé les mains et avoir mis un tablier, ils lavent, épluchent les légumes, moi
je m’occupe du dessert avec deux patientes, les patients aident à faire la
vaisselle et à l’essuyer au fur et à mesure, ils mettent la table, puis on peut
déguster, c’est bien sûr le meilleur moment pour nous comme pour eux, et cela
les valorise, en plus de les contenter, de pouvoir manger quelque chose qu’ils
ont fait. Au menu, donc, columbo de poulet ou de mouton, au choix, accompagné
de riz (plus tous les légumes contenus dans les marmites de columbo), un peu de
fromage pour ne pas changer les vieilles habitudes (importé de Pierre Janet
bien sûr !) et en dessert, des œufs au lait à la noix de coco, bien chaud,
c’est délicieux. C’est un repas bien plus copieux qu’au self de CPJ ! Après le
réconfort, de nouveau l’effort car il faut tout remettre dans l’état initial. Au
bout d’une bonne demi-heure, on rentre au centre avec des patients contents et
des estomacs bien remplis.
Une petite
pause (habituelle) jusqu’à 14h30 puis avec mes collègues, on propose des
activités dominos, tennis de table, puis maquillage. Un patient demande à ce
qu’on lui fasse un masque de boue, et deux patientes se font pomponner le
visage et les ongles. On voit qu’elles sont contentes qu’on prenne soin d’elles
et cela les valorise. Ensuite, c’est l’heure du goûter pour les patients et
bientôt l’heure de partir pour moi. Être de journée, je trouve ça super. On ne
se lève pas trop tôt (pas autant que si on était du matin) et on ne rentre pas
trop tard chez soi, on a encore le temps de faire des choses chez soi. Comme
des horaires de bureau, en bref, mais auxquelles je pense que je n’aurais pas
droit, une fois diplômée…
Bonsoir, belle (future)infirmière.
^^
Rédigé par: Gebo | 10/10/2008 à 22:56